Les mots que je pose sur tes mots

Les mots que je pose sur tes mots, tu sais, ce léger voile qui recouvre ma peau de ces impressions familières...

De ces sensations éparpillées et délicates un peu comme celle de l'odeur du café dans les rues de Paris, tôt, le matin. Et à l'intérieur de ces troquets, des petits sons de cuillères qui cliquettes sur les tasses des clients ; et dehors, une brume comme chaque matin à la même heure toujours.

Je te sens, toi, dans ta fine observation des sens et de détails auxquels personne d'autre ne prête grande attention, seulement toi, du moins il me semble. Tu délicates les mots, tu crées des verbes qui n'existent qu'au moment où on les entend, tu les déposes dans un infini ruisseau du temps qui murmure, dans une résonance de brouillard épais qui est là pour mieux y rencontrer une fleur d'un rouge vraiment vif, et cette fleur nous sourit soudain.

Et dans cette atmosphère, une phrase couteau tranche alors ce brouillard épais, cisaille nos croyances et nos croyanges.

...Et soudain, les vispérines s'abreuvent en mes flots tourments, engrangent tes volcaniques et vomissent mes biles incandescentes en tes breuvages !Estrella, estrella... éteints tes sibyllines...

...

Et puis les mots que je pose sur tes mots, m'emmènent sur un pont vers le canal saint Martin sous lequel coule le temps qui passe camouflé en H2O, rusé et fuyant entre les doigts.

Le temps qui roule charriant les mots puissant des esprits de tous les pays de nos mondes, emportant avec lui les sons justes étranges et étrangement justes qui me font basculer en phonétisant, transcendance du sens par le son et l'essence, immortelle renaissance de tes sons inconnus qui me chavirent ; owu o at wedee, j'entends des langues en infinis murmures de couleurs délivrer leurs secrets enfin.

Tu dis que ces mots, on te les souffle au creux de l'oreille pourtant... depuis l'énigme de tes épaisses, dis-tu et j'ai raison de te croire, j'ai raison.

Et quand je rajoute le son sur le son pour en transcender un peu plus la graine du champs de ton chant, lorsque le piano s'imagine transformé en voix de soprano, en congas ou clarinette basse, ton ruisseau toujours vainqueur, la musique lui va comme un gant qui l'habille en profond et sacré savoir de ce que l'homme a oublié, tu le sais bien.

Tous ces mots, tous ces mots-sons que je pose sur tes mots, émotions en légers voiles et en parfums puissants.

N.B : les parties en gras ainsi que le titre sont extraits des écrits de Géraldine Paoli dans "Ti Quan"Visuel : "Vision" de Géraldine Paoli.

article écrit le 02/10/2014.

 

 

Contact