Composition in process 2 : le silence dans la Kairotopie

Dans la Kairotopie, la question du silence est cruciale : le son que l'audience perçoit sur le lieu (Topos), sans qu'il y ait de production sonore électroacoustique ou instrumentale est le locus perspicio : le lieu même de la perception. 

Ce lieu intègre la production non volontaire de sons ; il s'agira aussi du son que produit le public lui-même de façon non intentionnelle.

L'oeuvre devra permettre à l'audience d'accéder à cette conscience du locus perspicio.

Dans le principe de la pièce de John Cage, 4'33", pour permettre l'entrée dans le silence, Cage propose une forme de théâtralisation au sein de l'oeuvre. 

Ce qui apparait dans ce cas c'est que la pièce peut aisément se déplacer dans une forme de farce - Je sais que cela ne dérangeait pas Cage outre mesure pourvu que l'essence du discours en fut conservé.

Il me semble que ce qui peut amener cette écoute du locus perspicio, c'est le son instrumental ou fixé ; il permettra que l'on  saisisse au mieux ce silence.

Comment amener l'écoute du silence par le son ? - Principe du Tao, où le vide contient le plein et le plein contient le vide, l'un permettant l'existence de l'autre en interdépendance.

Le principe doit permettre de focaliser vers ce point (le silence) ; mieux est préparé cette focale, mieux le temps de silence peut s'élargir, devenir plus profond et plus palpable ; une "matière de silence".

Nous rentrons alors clairement dans une forme hypnotique et méditative ; il est étonnant de constater la communion qui se crée alors entre les actants et l'audience - Cette communion qui permet de consolider un égrégore variable.

 

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