le Départ | 6

pluies de libellules | du ciel noir soudain une pluie chaude aussi | ce soir-là | inondait les Ginkgo Biloba | les caniveaux débordaient de différentes glaces au thé vert | étonné | le Silence profond et vibrant de retrouvailles en moi | vers Gondeok | et depuis le Rien un peu brumeux de la cloche du temple qui aura caressé quelquefois tout mon corps endormi | une sorte de bourdon | un matin un oiseau métallique et cruel a voulu l’arracher à l’asphalte | étonné encore | mon ventre s’est serré au moment du Départ | alors un Silence bourdonnant encore de l’abandon des choses et des êtres et puis aussi surement de celui de moi-même | je suis monté dans le sien | entré tout entier dans son ventre d’acier | je croyais pourtant m’en être extirpé | un jour | en mémoire déjà de trois autres jours avec les moines d’Hwaeomsa | qui sommes-nous c’est la seule question qu’ils disaient | et puis des semaines dans les rues où résonne enCore nous deux | Séoul et moi | un peu de notre musique | car je t’aime Séoul mais je ne te connais pas | délicatement fuyantes raisons Corps et Ame | il me faut partir d’ici | quitter encore un giron pour une autre demeure | je comprends | j’accepte | j’accède | tout du moins il me semble | qu’il me faudra certainement toujours partir | mais pour mieux nous revenir

 

 

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