...et puis leur souffle...

Souvent il perçoit des étoiles dans les recoins de son crane, à toujours la sentir là comme quand il sent l’odeur du parfum de sa peau à Elle, celui qui a imprégné sa chemise depuis son Elle ; il ne sait pas pourquoi le parfum de sa peau arrive et l’enivre tout à coup puis s'évapore de la même façon ; mais il aime tant ce mystère.

Quelle est donc cette apparition qui vient comme le plaisir d’un vertige, une caresse, une pensée ? Ou serait-ce la pensée de leurs caresses comme un simple mirage ? Mais tout est bien là pourtant dans le théâtre de sa tête et dans tout l’espace de son cœur où s’était posé son visage.

Mais non...

Non, vraiment, pas seulement dans son cœur, elle est partout dans son corps ; elle est partout jusque dans les plus infimes interstices de sa peau, il a du sans le savoir la dévorer toute entière et toute nue, il a du embrasser de son âme tout l’espace d’un moment volé, tout ce qui est Elle et qui a entremêlé leurs êtres en étreinte de profondes racines grimpantes.

Et puis sans crier gare, cet instant magique change parfois de saveur et laisse venir le vide d’Elle, un silence dans lequel il recherche les formes de son corps évanoui, les intonations de sa voix, l’éclat de ses yeux et il comprend que tout est impalpable et insaisissable, tandis qu’il a mis à regret sa chemise dans le panier à linge ; il a beau questionner le temps, chercher à comprendre un message improbable d’oiseaux dans le ciel du soir, observer un filet d’eau qui change tout à coup de chemin, saisir des myriades de signes dans ses songes, il la devine dans un espace en dehors de tout, en dehors de ses sens communs, en dehors de lui.

Invisibles vestiges, mais où se trouvent leurs mots qui résonnent encore dans le soir qui descend, où persistent en dépit de toute raison, l’empreinte de leurs mains sur les matières des corps, où battent leurs cœurs dans un rythme différent et secret des saisons, et puis leur souffle…

Sans cesse et sans répit, oui leur souffle…

 

 

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