Du Langage des Sons Fixés

Le plan séquence audio use souvent de l’enregistreur comme d’un instrument, il tourne autour de l’objet sonore créant ainsi des contrastes spatiaux et filtre naturellement le son en modulation pendant le plan.

Il enregistre aussi des objets créant des sons intentionnels, joués sur des matières variées. Le placement du micro  profite du panoramique naturel qui essaiera d’être accentué dans la prise.

Pour les objets émettant du son non intentionnel, on privilégiera le déplacement de celui-ci, à ce titre il faudra trouver le positionnement fixe du micro au meilleur endroit possible.

La prise pourra également être faite avec 2 enregistreurs simultanés :

L’un prendra un plan large, l’autre usera du zoom sur un objet de ce plan en jouant des principes énoncés plus haut.

A ce titre nous pouvons comparer cela à une expansion géométrique d’un élément dans une œuvre de Vasarely.

Le plan séquence restitue un univers déjà combiné dans ses synchronicités et donc riche en lui-même dans les correspondances de phénomènes (objets) et de localisations des phénomènes.

Pour cette prise il faudra donc être deux puisqu’elles sont simultanées.

Dans tous les cas, l’écoute à la prise de son détermine déjà des choix compositionnels : qualité acoustique, récurrences, synchronicité déjà perçue à la prise etc.

Le choix des éléments provenant d’objets variés, intérieur/extérieur, voix, sons intentionnels/sons non intentionnels, proches/lointains, résonants/non résonants etc. permet le va et vient dans des univers différents dans l’écoute et invite l’auditeur à établir des relations ouvertes.

Les effets utilisés ne peuvent être utiles que s’ils mettent plus en évidence une particularité intrinsèque de l’objet : grain, résonances, harmoniques etc.

La répétition nette et obsessionnelle d’un élément de l’objet (sillon fermé) pour le laisser ensuite continuer au sein de son plan séquence (sorte de « contracté-étendu ») lui confère une attention, une mise en tension dans la sensation pour ensuite saisir plus finement le processus et la place de l’objet au cœur de la séquence, c’est encore une mise en loupe (par la répétition cette fois) d’une partie de l’objet.

Au montage, le silence et les processus décroissants qui paraissent aboutir au silence sont un élément de choix pour focaliser l’attention de l’auditeur.

Les superpositions, tuilages et combinaisons variées mettent en rapport ou opposition les éléments entre eux par les UST et les matières qui apparaissent naturellement.

Le mixage des pistes en prises de sons simultanées (prise large et zoom) est un « jeu de loupe ».

User des panoramiques ne peut servir qu’à accentuer exceptionnellement les prises de son naturellement spatialisées.

Les niveaux mettent en évidence cet espace dans les rapprochements et les éloignements.

Création a Séoul par l'ensemble Timf, août 2015

 
 

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