Du geste, de l’image et de l’articulation 2

A titre expérimental, j’ai ajouté à un film muet de 1965 de Samuel Becket, la pièce de John Cage « Seven2 », sans interruption, juste pour voir et entendre  ce qui se passe en terme perceptif.

Les occurrences sont troublantes ; la musique accentue une action par des accidents aléatoires (comprenant le silence) ou habite les espaces d’attente en contrepoint de l’image.

L’oreille finit par conclure à une stabilité et un continuum car elle reste dans une neutralité émotionnelle parfaite, elle laisse éclore des événements sur une trame stable. Elle fait émerger, accentue et répond ou précède les événements visuels.

Dans tous les cas il semble que c’est notre observation encore une fois singulière qui conclue à des occurrences en mettant les éléments en rapports étroits.

 

De même, dans une superposition texte/musique, ou une superposition purement musicale comportant polymodalité et polyrythmie, chaque événement aura sa temporalité propre mais impactera cependant les événements concomitants en termes perceptifs ; ce sera notre oreille qui trouvera un sens  aux oppositions ou aux collages apparents.

Les événements seront articulés par des médias différents ou des évènements que l’on aurait tendance à mettre naturellement en opposition ; il est évident qu’il en est de même dans le principe du rapport musique/danse.

 

Cependant le sentiment de « perdre le fil », pour certains qui, déroutés par ce principe qui ne propose pas une unique lecture mais de multiples chemins et interprétations, reste une des raisons de la difficulté d’appréhender parfois la musique de création.

 

La peur de la liberté ?

Faut-il éduquer l’écoute et l’ouverture de l’esprit par delà cette écoute ?

Je le crois plus que jamais.

 

 

Création a Séoul par l'ensemble Timf, août 2015

 
 

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