De la Kairotopie 2

Ou comment proposer le cadre...

Une kairotopie n’est pas nécessairement musicale, elle est au-delà du musical tout en l’intégrant. La partition devra en cerner tous les paramètres précisément.

Elle n’est ni plus ni moins qu’une écriture artistique. Mais elle considère l’art comme n’étant pas séparé de la vie.

Et qu’est-ce que la vie sinon la multitude de perceptions qui permettent de l’appréhender. La vie ne serait que nos perceptions, c’est à dire une représentation extérieure de notre monde intérieur ?

Dans le principe de Kairotopie, l’écriture va tendre vers les points qui invitent nos sens à appréhender l’univers dans un acte présent.

Considérant l’acte présent comme la résolution vers un infini (le passé n’existant plus, le futur n’existant pas encore), seule cette conscience du moment peut être sollicitée dans une action qui amène celle-ci à s’éveiller.

Cependant, par nature, la Kairotopie amène dans un présent les notions temporelles différées et révolues (notion d’espace-temps) pour les résoudre dans un instant en perpétuel mouvement, dans une « permanente impermanence », comme nous dirions dans le bouddhisme Zen.

 

Pour cela il est important de prendre conscience de paramètres essentiels :

·      Conscience du cadre, déterminé par le temps et le lieu.

·      Conscience que l’actant et l’observateur (spectateur) ne sont pas dissociables, au point où l’observateur peut devenir aussi un actant (et inversement). Ce qui implique la notion de relation.

·      Conscience du lieu architectural, puisque c’est lui qui symbolise l’espace-temps dans sa résolution ; cela implique les notions d’acoustique, de visible (matières, corps) et d’invisible (son) ainsi que de spatialisation des éléments, des actants, des observateurs et du son.

·      Conscience de mettre en jeu des temporalités différentes (sons fixés, sons instrumentaux en présence et silence que l’on peut nommer locus perpicio).

·      Conscience de mettre des points (matériels et/ou humains) dans l’espace en relation entre eux simultanément dans ce même lieu. La relation peut aussi exister en lien vers un lieu extérieur, y compris par une liaison réseau, au-delà des fuseaux horaires.

·      Conscience de laisser s ‘inviter pleinement les sons et les actes du moment, cela demande d’accueillir ces bruits-sons, les gestes ambiants dont chacun et chaque chose est acteur dans un silence des sons proposés, cela peut impliquer également l’improvisation.

·      Conscience de laisser une part importante à l’aléatoire afin de permettre les synchronicités.

·      Conscience de créer un égrégore portant une intention avec l’ensemble des personnes, dont la résolution apparaît dans un présent renouvelé (l’observation des synchronicités en est une forme).

·      Conscience de proposer un cadre pour délimiter le temps de l’observation intuitive de façon précise afin de mettre en jeu et en surprise les perceptions sensitives.

.       Conscience de proposer une liberté d’action et de posture autant que des chemins inconnus aux observateurs et aux actants.

 

 

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