Composition in process 5 : Strates

Emancipation mélodico-rythmique, recherche de pulsation intérieure et approche silencieuse.

 

Strates est une partition pour au moins 2 instruments indéterminés, le nombre maximal d’instruments reste à l’appréciation des exécutants, on peut cependant dire que la pièce doit rester dans un cadre de musique de chambre.

Si le choix des notes est précis dans l’écriture, ce qui résultera de l’interprétation reste lié à une part d’aléatoire. Les chemins que vont emprunter chacun des instrumentistes invite à ce que ceux-ci soient variables d’une fois à l’autre, la partition comportant beaucoup de reprises.

Dans cet entrelac harmonique, une mélodie créée sur une pentatonique de Ré mineur est accompagnée d’éléments d’un mode semi-diminué (sur Ré) ou du mode de Ré aeolien.

Le choix aléatoire tout au long du parcours décomposera ou répartira la mélodie et les voix qui la soutiennent entre les différents protagonistes.

C’est également un travail sur la pulsation qui est à l’œuvre. Le temps n’est pas lisse, il propose aux musiciens d’avoir une battue commune (mais éventuellement élastique) qui n’est autre que la seconde ; cependant la durée des notes  est liée au choix personnel des musiciens dans leur parcours ;  si des propositions de combinaisons sont proposées, appréhender la pulsation, (qui devient malléable, un peu à la façon des pièces traditionnelles asiatiques) incite par le nombre de notes (horizontalement et verticalement) à rentrer dans les dynamiques proposées.

Un silence à la fin de chaque séquence sera de plus en plus prégnant, il est amené de façons différentes chaque fois : crescendo arrêté subitement, phrase répétitive qui stoppe brusquement, perte d’énergie de la cellule…

Une partie électroacoustique est possible. Le point de diffusion sera opposé physiquement au placement des musiciens. Pour ce faire, les séquences qui interviendront seront composées des mêmes cellules qui ont été préalablement enregistrées mais leur retraitement se fera en direct en terme de vitesse (ralentissement, accélération, réverbération et filtrage), elle seront réinjectées chacune en intégralité et « en écho » à l’issu de chaque temps de silence à l’exception du dernier. Les séquences pourront intégrer en plus des sons instrumentaux, tous sons extérieurs au lieu de jeu afin de créer une sensation d’ubiquité, spécifique au principe de Kairotopie.

 

Création a Séoul par l'ensemble Timf, août 2015

 
 

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