Composition in process 6 : Silence, Répétition et Spatialisation.

Dans l'approche silencieuse qui est une orientation importante dans mon écriture, lorsque le son s'éteint et qu'il conduit justement au silence ; celui-ci est habité d'un effet de rémanence.

Nous prenons conscience que le son qui était jusque là présent, persiste en nous  et nous habite. Cependant il existe bien dans une mémoire consciente et se confronte à une nouvelle réalité qui prend toute sa place et son importance : le Locus Perspicio.

La répétition est un point clef de toute musique. Pierre Schaeffer précise que lorsque l'objet est entendu au moins 2 fois, on peut commencer à parler de musique. Pour ma part, il me semble que c'est le cas à partir de 3 reprises. Le 3 est dynamique, il donne une énergie au mouvement tandis que le 2 pose une parallèle, re-précise, le 3 affirme quant à lui la notion répétitive, il propose une suite dans cette répétition.

Il y a différentes façons d'amener la répétition musicalement selon la durée du motif. Un motif très court comme chez les minimalistes américains ou sur une phrase plus longue dont la durée est variable d'une fois à l'autre.

Dans la répétition, il s'agit un peu à la façon d'un "Qui veut démarrer" en terme d'UST (unité sémiotique temporelle).

Ce type de répétition que j'utilise permet à l'auditeur d'appréhender la musique un peu à la manière d'un "centre" qui fait partie des éléments du jeu sunétique.

La répétition rassure, elle devient constitutive de la façon dont notre écoute "s'empare" de l'univers sonore.

L'auditeur s'approprie le son qui, tout en saisissant la mémoire, permet par de fines variations, d'être en permanente transformation.

Un événement nouveau qui s'immiscera dans l'univers sonore en présence prendra alors plus d'importance, il sera l'objet d'une ouverture nouvelle, une fenêtre qui fait apparaitre un présent renouvelé.

La spatialisation permet à l'audience de faire (plus que dans un contexte frontal et resserré) une sélection par l'écoute ; c'est encore plus flagrant s'il peut également se déplacer.

C'est une synecdoque, un choix plus ou moins conscient opéré par l'écoute. Une forme de liberté, dans les choix, dans les combinaisons sonores sélectionnées.

 

Le son proposé devient alors un véritable paysage sonore, vivant et naturel.

 

 

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