Composition in process 4 : de l’orchestration du silence

Il m'apparait que l'intégration du silence dans l'oeuvre doit être mise en scène et orchestrée dans une certaine mesure.  C'est de cette façon que celui-ci (le silence) peut prendre toute sa dimension ; c'est de cette façon aussi que l'audience accède peu à peu (dans un principe proche de l'hypnose) à une méditation guidée par l'attention vers le son. L'écoute des sons - mais par delà le son, de soi-même, des autres, de l'univers ambiant, de l'univers tout simplement - est appréhendée par la perception.

Plus nous avançons dans la pièce musicale, plus le silence que l'on intègre permet une focale de concentration lors sa propre mise en scène.

Dans l'image schématique ci-dessous, le silence est mis dans un rapport de plus en plus évident accompagné d'un decrescendo progressif mais les cellules ou phrases mélodiques comportent pour les dynamiques les plus élevées, des crescendo en bout de course.

Le son instrumental ou fixé se rapproche alors peu à peu du locus perspicio, le son ambiant qui, dans le silence laisse transparaitre le son qui habite le silence de façon aléatoire et par ce biais, de façon involontaire.

Le crescendo en fin de phrase ou de séquence met en scène le silence à venir. La tension créée par l'effet laisse place à une résonnance qui fait lien avec le silence.

La forme est donc un processus général. Cependant cela ne devrait pas devenir une obligation que d'écrire des pièces avec ce principe unique ; ou plutôt, ces processus peuvent y être intégrés dans une forme plus large qui échappe à celui qui serait une unique forme ; c'est d'ailleurs le cas de mon second quatuor à cordes "intervalle" ou de l'oeuvre en écriture "encore la vie".

 

 

 

Création a Séoul par l'ensemble Timf, août 2015

 
 

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