Composition in process 3 : de la dynamique des phénomènes sonores et des intellectualismes divers.

Les unités sémiotiques temporelles (UST) mises à jour au laboratoire de musique et d’informatique de Marseille (MIM) m’ont intéressé avant que j’intègre la structure pour quatre années. Saisir les éléments sonores par une approche énergétique m’a séduit très tôt.

Les UST permettent de donner un sens, une sémantique dont les éléments tendent vers des universaux et cela, sans vouloir imposer une émotion quelconque, sans interpréter le sonore par l’émotionnel ; le ressenti ne sera que purement subjectif ; il ne s’agit pas là d’émotion suggérées mais de sensations, c’est cela qui me plait.

Il est possible d’écrire de la musique avec cette conscience des unités sémiotiques temporelles ; le lien que j’ai pu faire avec les danseurs avec lesquels j’ai travaillé autant que le fait d’observer l’impact des univers sonores sur l’être ont aiguisé ma sensibilité concernant ces énergies du son.

C’est lorsque j’ai constaté qu’au MIM, l’utilisation concrète des UST et l’application en était inexistante, que le plus important était de rester dans un plaisir spéculatif et qu’on m’a fait comprendre qu’il « n’était pas intéressant de pousser plus la chose en ce sens », que j’ai décidé de quitter la structure.

L’approche musicologique éloigne souvent le propos musical du destinataire avec des hypothèses malencontreusement subjectives et parfois même portées par des postures de toute puissance à tendances titalitaires, ce qui est encore plus dangereux.

Comme pour toute discipline, elle n’a de sens qu’à partir du moment où la pensée - si importante soit-elle – trouve sa réalisation dans la matière et ne reste pas un pur jeu mental et masturbatoire.

De la même manière, le schéma compositionnel n’est que l’affaire du compositeur, mais l’essence de l’œuvre ne réside pas que là, elle doit parvenir à l’audience et être clairement perceptible et utile à celui qui écoute.

Dans le processus compositionnel, Steve Reich déplore que celui-ci, chez Cage ne soit pas perceptible dans la plupart des cas ; il précise que l’auditeur doit être impliqué par sa compréhension, dans ce processus même.

Il me semble que les deux se tiennent, la compréhension consciente est importante mais une compréhension inconsciente, régie par des éléments structurels plus complexes peuvent être perçus par chacun à un niveau inconscient ; Bach a assemblé dans sa musique ces deux principes ; c’est également le cas dans diverses formes artistiques, notamment l’architecture pour ne prendre que cet exemple ; là l’existence du nombre d’or comme base de  proportions peut être intégrée à un niveau inconscient chez l’être humain ; je veux parler ici des cathédrales, d’abbayes cisterciennes ou de diverses bâtiments comme la cité radieuse de Le Corbusier que j’ai eu la chance d’habiter et où Xenakis a fait ses premières expériences concrètes de compositeur, du mental, de la sensation à l’expérimentation même.

 

 

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