Composition in process 15 : « Encore la vie », nouvelle Kairotopie.

Quelques réflexions sur l’écriture de "Encore la vie", kairotopie à venir...

Les "trois paramètres sonores" cohabiteront, s’imbriqueront, se trameront, apportant ainsi des temporalités et des localisations différentes : Univers instrumentalLocus Perspicio et Sons fixés.

L'idée de départ provient directement des textes de poésie féminine amérindienne choisis ; j'ai noté sur un carnet les sons ou les actions sonores que m'évoquaient les textes, c'est une liste "à la Pina Bausch" ; moi qui évite souvent ce qui apparait trop narratif, je trouve dans cette construction une façon de tisser un lien entre les éléments, par exemple : "Il y a quelque chose de fragile, quelque chose qui va vaciller, de délicat", "Des chevaux", "Un tambour scande" ou encore "Je passe ma main dans l'eau qui coule" etc..

L'ensemble des musiciens sera spatialisé et utilisera des chemins aléatoires sur la partition, chacun s'intégrera soit à une forme de choral commun dont le motif aura une tendance jubilatoire dans la répétition, mais il pourra se synchroniser dans l'interaction avec d'autres `a l'aide de systèmes altérant harmoniquement cette forme de choral, en "l'accidentant".

Une forme inéluctable permettra une montée créée par les parties instrumentales. Cette montée est celle qu'on retrouve chez les derviches, celle de la Kundalini qui serpente vers le haut ; la montée dramatique que l'on retrouve également dans le théâtre Noh, en partant d'un temps lisse qui peu à peu s'articule autour de pulsations de plus en plus nettes.

La matière instrumentale tirera aussi ses éléments des sons fixés diffusés sous forme de séquences qui, comme les 11 textes de la récitante apparaitront dans un ordre volontairement aléatoire. La résultante de cet aléatoire optimisera les combinaisons probables et improbables.

Le silence permettra au locus perspicio d'exister pleinement. Ce silence sera systématique après une reprise multiple d'un motif ; ces reprises seront variées grâce à la combinaison des chemins aléatoires.

Diverses sources d’inspiration ou d’influence nourrissent cette écriture :

Le Théâtre Noh, Erik Satie : « Tapisserie en fer forgé », « vexations », la musique de Pérotin, la musique de la Rome antique, Charles Ives et le fameux « unanswered question » ou encore la musique de gamelan Balinais.

 

 

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