Composition in process 1

A partir de poèmes amérindiens féminins et contemporains dont la traduction a été faite par Béatrice Machet, j'ai commencé l'écriture de cette nouvelle oeuvre qui s'appellera "Encore la vie" ; c'est en effet, le titre d'un des poèmes choisis.

Cette pièce rentre bien sûr dans le principe d'une Kairotopie et l'abandon de la "frontalité", c'est à dire le fait de placer le public en face des musiciens (ou l'inverse), devient un principe récurrent.

Dans une kairotopie, le public participe de l'action par ses sens. Pour se faire, les musiciens seront placés dans un espace tout autour de l'audience, à moins que ce soit le public qui pénètre dans cet espace sonore ?... De ce fait, l'ouïe sera sollicitée dans toutes les directions.

Un quatuor de vents (flûte, clarinette, cor de basset, basson) placé à un point précis, à un autre endroit, un quatuor à cordes, un percussionniste sur un autre point et enfin, les deux voix féminines (soprano et mezzo soprano) sur un quatrième point.

Il faut ajouter à cela une diffusion électroacoustique en stéréo.

L'écriture reste ouverte dans son principe et les "palettes" instrumentales et vocales peuvent être appelées à tous moments, être jouées en tutti, en canons (permettant polymodalités et polyrythmies) ou encore en réponses. Il y a également deux palettes d'importance, l'une permettant l'improvisation et l'autre invitant le silence, ou plus exactement, le son du public (j'ai nommé ce principe, locus perspicio).

L’ordre des textes est aléatoire (tiré au sort par le public), ce qui impacte forcément l'oeuvre dans son élaboration en direct.

La forme sera donc variable et mouvante en fonction de l´état du moment, de l'écoute, de la surprise des combinaisons...

A l'image de cette série de collages que j'ai nommé "Libre", l'élasticité entre les formes établies et les combinaisons multiples, qui par bonheur échappent à chacun, permettent un réel abandon des sens...

 

Création a Séoul par l'ensemble Timf, août 2015

 
 

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